Les origines de l'aviron de mer
Il est difficile de déterminer les origines de l'aviron de mer car l'homme a, dès son apparition, ressenti le besoin d'explorer le monde qui l'entoure. Ainsi, franchir des rivières, des fleuves, des estuaires, des bras de mer, des mers ou des océans a été une obsession permanente. Par ailleurs, les nécessités économiques dans les secteurs de la pêche et du commerce l'ont aussi poussé à explorer des contrées toujours plus lointaines. Le besoin créant la fonction, nos aïeux ont donc élaboré des embarcations souvent remarquables avant d'en arriver au matériel que nous connaissons de nos jours. Si la main a été la première "palette propulsive", il est probable que cette recherche de propulsion par l'appui sur l'eau ait dans un premier temps débouché sur la pagaie, moyen plus rudimentaire que l'aviron.
L'aviron et le monde de la pêche en mer
Tout pays bénéficiant d'un littoral poissonneux a développé une embarcation adaptée au type de pêche pratiquée et répondant aux qualités marines nécessaires à l'état local de la mer. C'est ainsi que nous pouvons trouver une grande variété de bateaux traditionnels à rames (individuels ou collectifs) sur l'ensemble des côtes. Nous pouvons citer la traînière du Pays Basque, le doris de Bretagne et Normandie, le pointu de Méditerranée, la pinasse du Bassin d'Arcachon, la baleinière de l'île d'Yeu, le llagut de Catalogne, le bateliku, la yole de Ness, la gig des Scilly, de Bantry et le longboat des îles Anglo-Normandes, les curraghs d'Irlande ou les church-boats des pays nordiques et bien d'autres embarcations à travers le monde maritime. Il est à noter que certains sont dits "voile/aviron" car équipés d'un matériel permettant de choisir l'option la plus avantageuse en fonction des conditions de pratique.
L'aviron et le sauvetage
La mer comportant son lot de tragédies en matière de naufrages a naturellement poussé les hommes à se doter d'embarcations adaptées au sauvetage des hommes et des biens. Une loi instaurée au XVIIe siècle génère la création officielle des sauveteurs en mer qui sont pour la plupart des travailleurs de la mer. Il est apparu que les bateaux armés d'avirons étaient les plus aptes à se jouer des tempêtes et des mers déchaînées pour peu qu'ils soient manoœuvrés par des marins courageux et expérimentés. La littérature et le monde de l'art (peintures et gravures) témoignent largement de ces exploits devenus mythiques. Souvenons-nous entre autres des Hospitaliers Sauveteurs Breton (H.S.B.), ancêtres de l'actuelle Société Nationale de Sauvetage en Mer (S.N.S.M.). Des pratiques compétitives très spectaculaires se perpétuent actuellement dans l'hémisphère sud (Australie et en Afrique du Sud) et commencent depuis peu à gagner l'hémisphère nord.
L'aviron et les pilotes de ports
Pour les mêmes raisons que celles citées ci-dessus pour la pêche ou le sauvetage, les bateaux des pilotes de ports étaient mus à la voile ou à l'aviron.
D'une manière générale,
il faut tout de même noter l'aspect mercantile ou vital de ces activités. Si ces valeureux marins s'entraînaient fermement, cela était rarement pour l'amour du sport ou la recherche d'une quelconque performance, mais bien pour gagner ou sauver leur vie. Le pêcheur de retour à terre avant les autres négociait ses prises au meilleur prix et les pilotes arrivés les premiers sur site emportaient le contrat pour mener le navire à bon port. Ceci explique pourquoi l'esprit de compétition a souvent fait partie du quotidien de ces rameurs.
Enfin, nous ne serions pas complets si nous ne citions pas aussi les galères de sinistres mémoires qui ont vu souffrir tant d'hommes embarqués de force sur ces bagnes marins